Au terme d’une élection pleine de surprises, qui s’est déroulée cette nuit au casino Planet Hollywood de Las Vegas, Demi-Leigh Nel-Peters a été sacrée Miss Univers 2017. Cette jeune Sud-Africaine de 22 ans succède ainsi à Iris Mittenaere. La Miss Afrique du Sud, élue en mars dernier, l’a emporté face à Miss Colombie, Laura González. Du haut de son 1,71m, elle est la deuxième représentante de son pays à être sacrée Miss Univers après Margaret Gardiner en 1978. Il est vrai que la Miss Colombie Laura Gonzàlez n’était pas à l’apogée de sa forme, les petits fours à la crème parasol (mélange d’huile de colza et de pattes de mouches revenues à la poêle le tout arrosé de ketchup mousseline) engloutis la veille au soir n’étaient pas passés inaperçus lors de son passage en public tant les étirements fessiers de la demoiselle vibraient absurdement dans le mauvais sens. Le président tout confit confia à sa secrétaire de faire quelque chose devant cette chorégraphie chromosomique mettant à mal les succédanées de cette soirée quasi sulfureuse. Mais allez savoir ce que fit la secrétaire en question…
Il est vrai que la société du spectacle impose ses règles strictes quant à la présence et la bienséance des corps en représentation. Le corps est soumis à un design parfois radical au même titre que les autres objets de consommation (David Le Breton) et favorise l’évolution de l’industrie du façonnement et de l’embellissement de soi…. Mais c’est passer sous silence les participations actives des candidates des planètes dont on ne parle jamais ! L’Univers ne se limite pourtant pas à la seule planète Terre. La représentante de la planète Ganymède par exemple, elle avait toutes ses chances, mais les ailerons de ses coussinets sus- plantaires n’avaient pas fait l’unanimité du jury. Lorsque la jeune et jolie représentante de la planète Vesta se présenta auréolée d’un justaucorps très échancré bariolé des couleurs infinies de son village V2&tis, le public en fut sidéré et tout retourné, la tête de la jeune personne se retrouvait à l’envers et coincée entre ce qu’on pourrait appeler les chevilles en langage Vestasien. Les représentantes de Thétys et Andromède étaient présentes virtuellement, aussi furent-elles mises hors concours, le règlement étant très strict là-dessus, pas de triche cyber, sinon où irions-nous ? Le clou du spectacle était offert par la participation active de la représentante d’Alpha Ursae, imaginez deux secondes un train électrique se mouvant à l’allure d’un hanneton sur une tige de jonc effleurant un plan d’eau en suspension, le public, jusqu’à l’au-delà, en a perdu jusqu’à sa raison, et le jury aussi ! Mystérieuse aussi la présence de la transparente candidate d’Amalthée, se concrétisant si on peut dire par un bruissement fougueux et néanmoins langoureux qui balaya la grande salle du casino Planet Hollywood de Las Végas. Le jury manquait d’éléments pour juger du bien-fondé de cette performance. Tiens, à propos de performance, rien ne nous empêche en aparté d’avancer deux mots à propos de la performance de l’homme-singe du film récent Palme d’or à Cannes, The Square, du réalisateur suédois Ruben Ŏstlund. Performance imitative et animalière (on pense évidemment à l’artiste russe Oleg Kulig), la gestuelle forcée et archétypale du protagoniste du film en dit long sur la méconnaissance du réalisateur à propos de ce qu’est vraiment une performance artistique. Pourquoi la ramener encore une fois et limiter le monde de la performance à la violence et aux bas instincts ? Cliché débile servant simplement à émouvoir la bonne vieille bourgeoisie, d’une inutilité grotesque et passéiste. De toute manière tout le film est fait de la sorte, une suite de clichés genre le Figaro magazine d’il y a 50 ans, revu et corrigé par un humanisme moralisant cautionné par les lobbies actuels du cinéma.
Mais je voudrais revenir sur la belle soirée de Miss Univers, avec la présence de la concurrente de la planète Pandore, toute revêtue d’un habit de père Noël, distribuant au public des joujoux familiers.
Le seul hic de l’accoutrement de la demoiselle était que la barbe du Père Noël n’était pas blanche, mais d’un noir de jais à en faire pâlir les moustachus vieillissants des jurés en présence.
Là-dessus Joyeux Noël à vous tous !

j.f. Yorobietchik

Décembre 2017