Sam pensait à lui, maitre chanteur buissonnier, à ses lunettes et sa dernière coupe qui lui avait donné un air mi wharholien mi Hockneyen. A star, un.e étoile étincelant.e. Une Luminescence qui lui apparaitra plus tard mais bien trop tôt comme un rayon vert à la tombée du jour et de la nuit. Comme il lui manquait, comme ses échanges lui manquaient aussi. Il pensait à ce qu’il lui avait dit quand Sam se sentait envahi d’une marée de mélancolie, recouvrant sa petite crique jusqu’aux moindres cailloux et monticules sablonneux, Sam n’arrivant pas toujours à  dompter la pernicieuse. Simplement, PG avait répondu qu’écouter Peggy de Belin lui filait la pêche. Une élégance réjouissante et entêtante.  Depuis, Sam pour dompter la pernicieuse écoutait régulièrement Bertrand et aussi Léonard, Nick, David, Brigitte, Laurie, Marie, Nina, Joséphine, Barbara, Catherine, Yma, Bianca, Sierra et Robert … et continuait de chercher les pensées du jour et/ou les fleurs des champs pour réveiller l’éclat des étendues.
Les boules oranges dans les arbres perchées s’apparentent à des constellations prodigieuses. Les constellations parlent du rayon vert. La boule bleue, tel un gros ballon gonflé à l’hélium se prête à un envol secoué d’un rire délicieusement communicatif. Une esclaffe générale pour la traversée à quatre pattes d’un buisson on ne peut plus ardent ! Genets et bougainvilliers semés en alternance.

Pendant ce temps, terrassée par le dragon Influenza, Lamaline s’essayait dans une sorte d’écriture automatique. Elle avait passé déjà 3 jours au lit et les nuits étaient chaude à en tordre les draps. Des flashes incessants lui apparaissaient passant de sa chambre d’enfant orange et bleu où elle avait vu ses premiers éléphants roses s’agiter sur le papier peint fleuri à des images irréelles d’une terre en feu, des kangourous égarés sautant pour tenter de fuir le feu ravageur. Tel un raz de marée dévastateur, sauf qu’ici il n’y avait pas d’eau, seulement le feu continuant sa trajectoire, ne laissant rien d’autres que des cendres. Terre brûlée. 

Yourth, yourth, yourth, plus fite…

Quand les mots paraissent lourds, Sam passe aux images et inversement. Quoiqu’on en dise, les paysages s’agitent. Un joyeux bordel 2020. Et Lamaline profite du passage pour s’y glisser furtivement dans l’entre-mont.

Plus fite, yourth, yourth, yourth – prends tes corps à toute main – jump-in – monte – grimpe- sur le flan de la montagne avant le rugissement des baleines vertes – splash into – des paddles sans eau aux caniches lisses – Yourth yourth tu fumes le feu des fesses à bout de bras… Yourth my friend, break dance cheers… yourth, yourth, fite fite mirror lit boum shit…

Sam pensait encore profondément, une présence révélatrice, irradiant la beauté des uns et des autres… Comme cette présence malicieuse lui manquait. Il lui semblait que les mots flottaient à présent, retour à l’envoyeur adresse inconnue. Comme Sam ne savait pas par quel bout il fallait plonger, il ré-écoutait Peggy pour l’apaiser. Comme si la première ne suffisait plus ou simplement aujourd’hui la nage avait un drôle d’écho sans toi pour le guider.  Il avait comme un pressentiment d’un vaste territoire inconnue qui viendrait s’imposer sur le devant de la scène truffé de mines anti personnels. Comment en avait-on pu en arriver là. Comment l’égo des uns avaient pris les rênes du pouvoir et promulguait éhonteusement des mensonges toujours plus grands. 

On a oublié nos instincts guerriers depuis si longtemps ou bien a-t’on juste gardé une agressivité assoiffée et déracinée.  Sam pensait à son ami Nico qui prônait en 2000 la Tired Generation. Une génération enrôlée dans la technologie, dans la consommation de la technologie, endormie sans nul doute. Tandis que de nouvelles natures vigoureuses dégagées de hargne et pourvues de miroir sans tain revenaient au galop. 2020. Qu’on reprenne les rênes de nos désirs et de nos rêves. Que les paysages aussi s’agitent de plus belle !

Des mitaines grises pour les jours, des mitaines colorées pour les nuits. Chaque présence ici est désormais pleine de malice.

Sam Moore
Février 20120

 

Les pensées de Sam Moore, agitées, quoiqu’on en dise et à infuser pour l’année 2020, qui viennent et qui vont – Rêvolutions – quand birthday passe le 17 se change en 18 et le 18 en 19 et le 19 en 20…  (20 janvier 2020) Vive l’art Pierre, Robert et les autres !

Pour plus de pensées, “Les pensées de Sam Moore et L’arbre qui cache la forêt”- Editons Ma bibliothèque par Sharon Kivland : https://mabibliotheque.cargo.site/Anabelle-Hulaut-Les-Pensees-de-Sam-Moore-2019